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PÉTROLE
HAHN
Tout
commence en 1885, le Dr Charles Hahn, pharmacien à Genève,
apprit par la lecture d'un journal américain que les ouvriers qui
travaillaient dans les puits de pétrole en Alaska, avaient remarqué
que leurs bras présentaient une pilosité supérieure
à la normale.
Charles Hahn va lancer, pour la première fois, un produit à base de pétrole
pour les cheveux, après quelques mois de recherche qui ne furent pas de
tout repos. Car il avait beau secouer cent fois, le pharmacien genevois,
rien à faire : le pétrole ne parvenait pas à se mélanger avec le liquide
alcoolisé du flacon, remontant désespérément à la surface. De quoi s'arracher
les cheveux. C'est suite à la rencontre entre Charles Hahn et un droguiste lyonnais, François Vibert, que le produit prend son envol commercial. Vibert dépose en 1896 la marque, dont il deviendra propriétaire et fabricant quelques années plus tard. Le Pétrole Hahn est officiellement né et fait d'emblée des envieux. On voit ainsi apparaître des imitations s'intituler 'Pétrole A-N' ou encore 'Pétrole du Dr Rham'. La suite se résume à la déclinaison d'une politique marketing d'avant-garde, un vrai cas d'étude pour écoles de commerce : une série de slogans publicitaires, répétant inlassablement l'angoisse de la perte des cheveux et des pellicules. Et puis, parallèlement à une offensive en règle en direction de la profession des coiffeurs (petits cadeaux offerts à l'appui), la marque lyonnaise utilisera, au fil des ans, tous les canaux de la communication moderne : pubs dans les journaux et affiches au début du siècle, bandes dessinées et jeux pour enfants dès les années vingt, première pub radio à la fin des années trente, sponsoring sportif (athlétisme, Tour de France etc.) et d'émissions de radio dès les années soixante... Cent quinze ans plus tard et dans le monde entier, le rituel du 'secouez moi' (qui n'a pas été inventé -comme on pourrait l'imaginer- pour une boisson à la pulpe d'orange) fait toujours partie intégrante du produit. Tout comme son odeur fraîche si caractéristique. Et sa vraie formule de fabrication, restée secrète. Enfin, pour ajouter à la légende, un flacon un peu particulier circule dans le monde muséographique : celui qui fut retrouvé dans l'épave du Titanic, coulé en 1913... A Lyon, Pétrole Hahn n'est plus qu'un souvenir Dans les années 1970, la société Vibert employait plus d'une centaine de personnes à Lyon. Elle est restée indépendante jusqu'en 1979, date de sa reprise par l'Américain Richardson Merell lui-même racheté en 1985 par Procter & Gamble. Trois ans plus tard, celui-ci délocalise les locaux industriels lyonnais à Blois puis, en 1991, les services administratifs seront transférés à Neuilly. * 'Pétrole Hahn, des cheveux et des hommes', Ed. Somogy, 1993. Remerciements à la bibliothèque Forney, à Claudine Chevrel et Béatrice Cornet, auteurs du livre Grain de Beauté, éditions Somogy (1993), à Patrick Amiot et à son livre « Coiffeur, la vie d’un métier » (1992) et à Daniel Bordet auteur de "Des cheveux et des hommes". |
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